vendredi 7 novembre 2008

Raccolage sur la fonction publique

Avant, l'Etat, c'était des fonctionnaires et des institutions immuables dans la poussière de leurs règlements. C'était rigide, sévère et triste. Les gens étaient là à vie, sans espoir de changement ou de progrès. On avait des logos austères et la loi c'était la loi. Elle officiait via des calendriers rabat-joie qui faisaient que minuit et une minute c'était déjà le lendemain et qu'il fallait aller faire la queue à la Poste du Louvre si tu voulais que ton dossier parte à minuit moins une. On était tous gris et psychorigides.

Heureusement, grâce à Nicolas, l'Etat est en train de devenir aussi joli qu'une agence de pub. Les gens sont en CDD donc ils s'habillent mieux et travaillent plus pour être sûrs qu'on les garde l'an prochain. On a des nouveaux logos conceptuels et surtout y'a des offres promotionnels comme à la Redoute ou aux 3 Suisses. Hier, entre une offre pour une montre "qui immite tellement bien la Rolex que toutes les filles vont craquer" et une spam pour enlarger mon hypothétique pénis, j'ai reçu une super offre : si tu ne t'es pas encore laissé tenter par une qualif, TU PEUX TOUJOURS JOUER! Valérie, l'organisatrice du Grand Jeu te fait un super cadeau:
  • "la campagne de qualification sera rouverte dans le cadre d'une session complémentaire à compter du 14 novembre 10 h et jusqu'au 22 décembre 2008 16h"
Comme Valérie n'est pas sûre que tu valides ton bulletin de participation, Valérie tente elle-aussi de te dire que grâce à la qualif' tu peux faire craquer les filles et enlarger ton pénis puisqu'elle te permet de participer à cette offre exceptionnelle pour que:
  • "la revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs et sur les nouvelles possibilités de recrutement prévues par le chantier « carrières», notamment les 150 chaires ainsi créées puissent êtres offertes dans le cadre de la session synchronisée qui débutera en mars 2009." (traduit en sarkolangue, ça veut dire "tu peux gagner plus de blé en bossant plus et vive la "chair à chercher")
Peut-être que cette année les joueurs n'ont pas eu envie de participer et qu'il n'y avait pas assez de monde à la première session pour meubler les réunions de CNU. Peut-être que Valérie croit vraiment qu'être payé plus pour travailler plus est un projet séduisant qui peut ramener dans le giron de Marianne des étourdis qui pensaient aller dans le privé. Toujours est-il qu'avant, on avait Antares, sa base de données à l'ancienne et sa maîtresse intransigeance et que maintenant on a Galaxie, son logo Paint et ses offres promotionnelles...

jeudi 30 octobre 2008

Sur l'onde calme et noire

Ils l'ont enterrée jeudi matin à 9h. Je n'avais pas voulu en parler ici, parce que je ne la connaissais pas, parce que je ne voulais pas prendre le risque d'utiliser ou de travestir une histoire que je connaissais pas.

Mais depuis la semaine passée, j'ai le cœur boueux du limon de la Seine. Pas un jour ne passe sans que son ombre ne s'attache aux pas de mes pensées. J'ai mal à son prénom, j'ai mal à son histoire, j'ai mal à tous ceux qui ont marché sur les ponts de ma ville en regardant le flot se presser contre les piles.
Et j'ai pensé à l'enfer d'un téléphone qui crie pour réveiller des mandarins au milieu de la nuit. J'aurais voulu leur dire que ce n'était peut-être pas de leur faute, mais qu'à s'épuiser dans la lutte à contre-courant, se laisser couler a le parfum du repos.

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
On entend dans les bois lointains des hallalis.


Echos, hommages et hallalis :

vendredi 24 octobre 2008

Mème pas mal!

Une odeur de café m'a ramenée au blog. Promis, j'expliquerai dans le prochain message pourquoi je me fais rare ici et pourquoi je n'ai plus que les calmes samedi et vides dimanche pour me livrer à cette nombrilesque activité.

Mais en attendant le coming out de mes activités de rentrée, je réponds au Why Blog puisque j'ai été taggée par
Pablo, lui même taggé par Tom Roud sur une proposition d'Enro... Pas sûre que ce blog relève des la catégorie des blogs scientifiques. Pour moi, il est avant tout un blog méta, le blog des petites cuisines de la science français et des dessous mal assortis de l'Université.

Pourquoi ce blog?

J'avais déjà partiellement répondu ici.

L'an passé, en début de campagne, j'en avais assez de répondre à tous en expliquant où j'en étais ("oui, j'ai un travail mais non, c'est pas encore le vrai"), comment marchait une campagne de recrutement ("oui, c'est un concours mais en même temps, c'est un concours où certains sont plus égaux que d'autres"), où j'avais envoyé des dossiers. Alors j'ai créé Kalai Elpides pour 1) expliquer à tous comment marchait le recrutement dans la recherche (ça a donné naissance à un palpitant feuilleton) 2) confier mes états d'âme et sautes d'humeur pour préserver la santé mentale de mon entourage.


Le souci c'est que finalement mes histoires de dossier et de section n'intéressaient pas mes proches, ma mère continue à croire qu'un chercheur porte toujours une blouse blanche avec des éprouvettes dans les poches et mon père ne comprend pas que c'est le blog de sa fille et pas celui qu'une inconnue dénommée Pandore ("Mais si c'est toi, pourquoi c'est pas ton nom?"). En revanche, quelques commentaires laissés ici ou là me portaient à croire que mes interrogations métaphysiques sur les rapports entre calvitie cranienne et broussailles de sourcils des membres de commission de spécialiste trouvaient quelques échos sur la Toile.

J'ai réalisé alors le manque de visibilité des précaires de la Recherche Scientifique et aujourd'hui ce blog est là pour 1) me servir de petit exutoire électronique, un alterlabo où l'on cisèle le mot en essayant de rire de tout de peur d'être obligée d'en pleurer 2) expliquer aux futurs aspirants MCF qu'il faut faire les slides de son directeur de thèse pour espérer un poste oeuvre de patience, expliquer aux KKK que c'est peu élégant de faire traverser l'Océan à Génie quand on embauche Gloomy et éventuellement informer sur ce qu'il y a dans la tête des candidats rouges et suants qui essayent de se vendre à la bourse aux MCF.

Et parce qu'à s'expliquer, on oublie l’essentiel et on travestit le réel, j'agrémente ce Why Blog d'un soupçon de Perec, d'un zeste de géniales foutaises* parce que j'aime bien l'idée qu'après la mort, ça sera pas pire qu'avant la naissance.

J'aime trouver dans mes stats un nouveau blog que je ne connaissais pas et qui pointe vers moi
J'aime pas le caractère chronophage du blog
J'aime pas ne pas publier un article parce qu'on identifierait de suite Pandore
J'aime relire les posts longtemps longtemps longtemps après les avoir écrits puis oubliés
J'aime me dire que parmi les prochains KKK qui m'auditionneront, y'aura des lecteurs qui ne sauront même pas que c'est moi
J'aime taper des nouveaux articles dans les trains qui roulent dans la campagne
J'aime penser que Gloomy ne sait même pas que ce blog existe et qu'il a tant parlé d'elle
J'aime pas qu'on puisse me repérer grâce à mon IP
J'aime lire "Gloomy" ou "KKK" sous le clavier des autres.
J'aime pas quand un commentateur s'appelle Anonyme
J'aime chercher dans Wikimedia Commons une image pour illustrer un article
J'aime pas ne pas trouver un chouette titre pour un article
J'aime pas ne trouver les fautes d'orthographe qu'une fois l'article publié
J'aime pas retrouver le même CSS que le mien sur d'autres blogs
J'aime que Pablo fasse des échos poétiques
J'aime pas quand personne ne commente un article
J'aime me demander qui est derrière l'IP du Collège de France, de l'EHESS ou de tel ou tel université ou institut
J'aime pas qu'on se serve de mon blog pour déverser son fiel
J'aime me demander si je dirai qui je suis le jour où j'aurai un poste
J'aime rêver au jour où ce blog écrira.....

FIN!




*
ceci est un hyperlien obligatoire, tant que vous ne cliquez pas dessus, vous ne pourrez plus lire ce blog! Et si vous persistez, votre ordinateur basculera automatiquement sous Windows Vista pour votre plus grand malheur!

Et je passe la parole à :
  • Machiavel qui a si délicieusement meublé mes procrastinations au temps où j'essayais d'abord de passer ma thèse
  • Caroline Legrand en phase de reconversion
  • Tous ceux qui veulent se prêter au jeu...

mardi 7 octobre 2008

Néologisme

J'ai souvent pensé à Gloomy cet été. Si tu es un jeune lecteur fraîchement arrivé sur ce blog pour suivre la saison 2 qui s'annonce aussi palpitante et déprimante que la première et que tu ne sais pas qui est Gloomy, tu trouveras quelques éléments biographiques dans ce papier. Donc, j'ai souvent pensé à Gloomy cet été. Gloomy à la plage, Gloomy chez mamie, Gloomy mange une gaufre au sucre et au sable, Gloomy fait sa pré-rentrée toute fière de sa promotion, Gloomy fait ses premiers cours, Gloomy fait un tableau Excel pour son ancien directeur de thèse le président de la commission de spécialiste qui l'a embauchée. Je me disais que ça y était, que Gloomy s'était fondue dans l'ingrate masse des enseignants invisibles qui rament dans l'ombre pour inculquer quelques valeurs scientifiques à de jeunes âmes utopistes qui au mieux croient en un monde meilleur et au pire s'interrogent sur le métier qui leur permettra de rembourser en plusieurs fois leur Home Video. Je pensais qu'on ne verrait plus Gloomy parce que si elle n'avait réussi à publier qu'un seul papier pendant sa thèse (enfin une fois en anglais et une fois en français et aussi un mémorable poster de vulgarisation à la journée dacquoise de chimie organique), il y avait peu de chance pour qu'on entende désormais parler de Gloomy dans le monde scientifique.

Grave erreur! Gloomy, toi dont la célébrité était sans doute restreinte au département de ton université et à ce modeste blog, tu peux désormais te targuer d'être citée dans le vrai livre avec des vraies pages d'un vrai scientifique important. Le vrai livre, c'est "La pratique de la sociologie", le vrai scientifique, c'est Serge Paugam. Et voici la manière dont le vrai livre du vrai scientifique parle de toi:


(anecdote et scanérisation de la pièce à conviction aimablement fournies par B.Coulmont, le vrai héros du passage.)

Etonnant non?

Si ça se trouve, gentille Gloomy, tu vas même passer à la postérité, devenir la Paris Hilton de la Recherche, la Cindy Sanders de l'Université. J'avoue que je rêve d'entendre en mai prochain "Tu verras, le candidat local est un vrai Gloomy!"

mercredi 1 octobre 2008

Gloomy Valérie

Chère Valérie,

au fil de ce blog, je m'adressais à toi comme Bernadette (Chirac) à Bernadette (Soubirou). Depuis plusieurs mois, je te disais mes espérances, mes rancoeurs, mes voeux pieux pour une recherche meilleure dans des billets spirituels mais légers que tu devais lire en douce entre deux réunions avec des professeurs importants avec des cravates (le prof met toujours une cravate quand il va au ministère). Je te livrais un peu de mon coeur de jeune aspirante MCF parce que je suis une enfant de la République et qu'on m'a enseigné que les femmes et les hommes politiques de ce pays oeuvrent pour un monde meilleur.

Et puis hier, j'ai eu un coup à ce jeune coeur. Un peu comme quand JR découvre que Sue Ellen l'a trompé ou qu'un enfant comprend la véritable nature des liens qui unissent le pantin Oui-Oui au Nain Potiron. J'ai découvert que tu étais la fille de Dominique Roux. Et que Dominique Roux, dans la vie, il est un peu président de Bolloré telecom. Et que Bolloré, c'est un peu la Business World Company qui a subventionné le yacht à Nicolas qui a fait couler tant d'encre marine. Le bateau s'appelait Paloma, une innocente colombre jetée en patûre à la médisance populaire.

Et là je me suis dis que tu devais doucement rigoler quand tu voyais les jeunes chercheurs s'offusquer des pratiques de mafia réseaux et magouilles qui légifèrent les recrutements de MCF. Bien sûr toi, ce n'est pas pareil, tu as sans doute été prise pour ton parcours, ton expérience et des compétences et pas du tout parce que tu étais la fille d'un homme qui gravitait dans des hautes sphères. Mais Gloomy non plus ce n'était pas pareil, elle a sans doute être prise pour son parcours, sa gentillesse et pas du tout parce qu'elle était la fille spirituelle du président de la commission de spécialiste.


Finalement on a peut-être une ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui a le mérite d'être une vraie représentante des pratiques de ses ouailles. Je suis bête, hein?Je m'étonne toujours devant ma candeur et mes belles illusions... Ces Kalai Elpides qui se lézardent peu à peu au rythme de la des campagnes ...

(Petit Teaser, si Gloomy, la véritable héroïne de la saison 1 vous manque, réjouissez-vous : elle revient bientôt sur ce blog dans un épisode hilarant sponsorisé par B. Coulmont)

dimanche 28 septembre 2008

Inbox

Militer contre la précarité dans la Recherche pourrait paraître aussi vain que d'aller prôner le végétarisme au Centre d'Information des Viandes et le port de la burqa auprès des Miss du Moulin Rouge. Pourtant, Avrel, Antonin et quelques autres courageux ont mis en place une plate-forme collaborative encore en construction, Collectif Papera qui devrait fédérer témoignages, réflexions et actions. Pour nourrir cette plate-forme, voici quelques mots sur ce que peut être concrètement la précarité dans la Recherche...

Ma précarité est mobilière.
Parce que je n'ai jamais pu acheter un appartement ou une jolie maison avec des parquets qui craquent et une cheminée à refaire. Aucune banque ne prête aux balladins et de toute façon, je ne sais pas où je vivrai quand je serai grande. Chez moi, il n'y a pas beaucoup de meubles parce que les déménagements m'ont appris que le meuble c'est lourd à porter pour les copains et qu'il ne va jamais dans le nouveau logement. Alors je range mes quintaux de bouquins dans des caisses à vin, des palettes de chantiers ou des étagères à CD.

Ma précarité est intime.
Parce qu'elle m'a coûté une petite fortune en billets de train et d'avion, des nuits à voyager en bus ou en couchette qui sent la chaussette pour rejoindre l'être aimé, surtout quand lui aussi était précaire. Parce qu'on traversait l'Europe ou pire, la moitié de la planète, pour quelques rapides week-ends où l'on échouait l'oeil cerné et le cerveau éreinté. Parce qu'à l'âge où tous mes amis se reproduisent avec la fécondité de léporidés nourris au Viagra, il est inconcevable d'imaginer être 3 au lieu de 2.

Ma précarité est contre-productive.
Parce qu'au moment de publier enfin les résultats, je suis déjà en poste ailleurs et sur un autre projet et que, donc, je n'ai pas le temps de publier. D'ailleurs, certains employeurs m'ont déjà forcée à prendre sur mes vacances et sur mes deniers personnels 3 petits jours de conférence puisque j'allais y présenter des travaux effectués ailleurs que chez eux. Je mets 2 mois à me former et à être efficace et le temps d'apprendre à chercher, il est déjà trop tard.

Ma précarité est sociale.
Parce qu'à chaque déménagement, il faut retrouver des amis, une bibliothèque où emprunter des livres, un giron boulanger à qui sourire le matin et quatorze poilus pour monter une équipe de rudgbeux. Parce que je n'ai plus le coeur à m'engager dans des associations sachant que je peux partir dans 6 mois. Parce qu'à chaque nouveau labo, je dois m'intégrer puis..repartir. Parce que j'ai une magnifique collection de cartes de cantine. Parce que j'ai plein de copains partout mais que ce sont amis que vent emporte et la précarité vente devant ma porte.

Ma précarité est psychologique.
Parce qu'il y a des moments de doute où, à regarder le parcours qu'on construit, on se demande si on n'est pas en train de rater sa vie. Parce qu'on se dit que si finalement on ne trouve pas de poste, il faudra faire une grosse croix rouge sur toutes ces années de sacrifices. Parce qu'au bout de quelques années, il y a la lassitude à expliquer aux proches, aux amis, à la famille, que si, enfin, on va peut-être avoir un travail, un vrai. Parce qu'on se sent bon à rien à ne rien faire de bon.

Ma précarité est scientifique.
Parce qu'à enchaîner les petits contrats, je fais de la recherche de mercenaire. Que mon vrai sujet de recherche, celui qui est innovant, intéressant, celui pour lequel je suis qualifiée, n'avance plus et qu'à la place, je fais de l'ingénierie pour d'autres. Parce que je me lasse à travailler sur des sujets "à la mode" ou "bankable". Parce que je croyais que la thèse était le sésame pour faire MA recherche et que ça m'a juste permis de faire la recherche des autres.

Ma précarité est financière.
Parce qu'une ancienne collègue de thèse vient de rejoindre le privé pour le double de mon salaire de précaire. Parce que peu de mes amis comprennent pourquoi je gagne si peu après tant d'études. Parce que l''argent des vacances finance le déménagement, la caution de l'appart, les frais d'agence. Parce que je me dis qu'il faut mieux faire attention parce qu'on ne sait pas de quoi l'an prochain sera fait. Parce que je gagne autant qu'un MCF mais sans les vacances, sans la liberté et avec la pression d'avoir sans cesse à faire mes preuves. Parce que les années passent sans que le salaire augmente.

Ma précarité est longue.
Parce qu'à la fin de ma thèse, je pensais que le plus dur était derrière moi et que plus j'avance et moins je vois où je vais. Parce d'encourageants collègues me disent que si je persévère, c'est sûr un jour j'aurai un poste, en me citant des maitres de conf qui ont eu leur poste au bout de 4 ou 5 ans... mais que c'est la chute de Lucifer, l'infini qui sans cesse recommence, on sent s'écrouler ses forces dans le gouffre. Pécresse murmure : tremble! et les KKK chuchotent : souffre! Les soleils qui s'éteignent et l'archange qui comprend, pareil au mât qui sombre, qu'il est le noyé du déluge de l'ombre. Pour sentir l'angoisse, relire les premiers 260 vers du Poète...

Ma précarité est précaire.
Parce qu'il ne tiendrait qu'à moi d'accepter cette précarité pour qu'elle n'en soit plus une. Il suffirait de se chantonner à l'oreille que le CDD c'est la liberté et qu'à l'instar du chanteur à chemise à fleurs je suis en avance de deux ou trois longueurs. Les longueurs d'un gouvernement qui veut de la Recherche à la petite semaine, de la flexibilité, de la mobilité, de la polyvalence. Je suis devenue la Reine du Carton, je sais packer ma vie en une nuit. Je suis devenue la Reine de la Délocalisation, je suis allée partout où il y avait du travail. Je suis devenue la Reine de l'Adaptation, je sais parler de plein de théories, de plein de formalismes avec tout un tas de gens, mais Chère Valérie, Cher Nicolas, ça fait des mois qu'avec les petits sous de l'Etat, je fais une recherche aussi précaire que moi...

mercredi 10 septembre 2008

Bingooooooo!

Au lieu d'aller affronter cette nouvelle année de campagne au cri de Banzaaaaiiiiii!, je propose le moins guerrier et plus ludique Bingoooooo!

En effet, Antares le maudit est de retour et, depuis quelques jours, l'aspirant MCF entame sa saison 2 (pour ceux qui n'ont pas suivi, y'a un feuilleton tragicomique en 7 épisodes dans la colonne de gauche de ce blog). Antares propose de repartir de l'épisode 3 : deviens qualifié. L'objectif est d'obtenir un petit numéro à deux chiffres qui ornera le dossier de candidature.

Quand on est un vieux routier de la Qualificaudition, on a le droit de jouer au Bingo. Pour ceux dont les grand-parents boycottent les clubs d'anciens du jeudi après-midi ou les folles soirées choucroute communales, je signale que le Bingo est un jeu particulièrement hasardeux qui consiste à couvrir une grille pleine de numéros avec des numéros correspondants tirés dans le chapeau du maire ou le seau à choucroute par une main innocente dont le tremblement vient davantage de l'âge que de l'émotion. Il faut compléter sa grille le plus vite possible et hurler Bingoooooo! jusqu'à la trépanation des sonotones de ses voisines de table. On peut gagner au choix un panier garni ou un porcelet vivant selon que l'on vive en ville ou en campagne.

Si tu es jeune et que tu veux goûter au succédané de ce jeu haletant, inscris-toi sur Antares, c'est le moment : tu as jusqu'au 14 octobre pour participer et jusqu'au 10 décembre pour soutenir une thèse sur le sujet de ton choix (si tu n'as pas d'idée, je te suggère des sujets à la mode comme "K routchevisation bushienne et thatcherisatio sarkozienne : étude de la sinusoïdale de la privatisation postale française et de la nationalisation bancaire étatsunienne. " ou "Erosion de crédibilité olympique par expansion de mélanine lactée "). Si tu as déjà joué, n'hésite pas à faire comme cette bonne vieille Pandore et à recommencer. La Recherche Française est pauvre, et notre chère marraine Valérie n'a pas les deniers communaux pour offrir un porcelet ou un panier garni, mais plus on a de numéros et plus c'est rigolo.

Sur la grille pandorienne, la thèse, Influence de la musique baroque sur la croissance de la vigne bordelaise entre 3 heures et 5 heures du matin dans l'hémisphère nord*, a déjà permis de cocher le numéro 68 (Biologie des organismes) et 23 (Géographie physique, humaine, économique et régionale), aussi, cette année, je tente de décrocher le numéro 22 (Histoire et civilisations : histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain ; de l'art ; de la musique). Pourquoi c'est rigolo? Parce que la dernière campagne m'a appris qu'il ne faut pas dire aux gens de la 68 qu'on a eu le 23 et inversement. La Recherche Française est pauvre et ses ouailles n'aiment pas ceux qui mangent à plusieurs râteliers. Donc plus on a de numéros et plus il faudra feindre, ça mettra un peu de piment à la campagne 2009!

Allez, bonne rentrée à tous, la campagne 2009 sera ludique!


(* charmant lecteur, gracieuse lectrice, je t'économise 45 secondes de procrastination, il est inutile de googéliser cette thèse, son petit nom en est beaucoup trop charmant pour être réel.)