mercredi 11 février 2009

Fast Blog, Fast Woman

Je n'aime pas le Quick Bloging, l'article rédigé à la hâte en buvant un café, posté à la hâte, lu à la hâte, vite vite vite, mes fils RSS s'emmêlent.

Alors je repousse sans cesse l'écriture de cet article qui expliquera pourquoi je ne blogue plus. Je raconterai ma vie dévorée par une hydre bicéphale chronophage, une tête dans la Recherche, l'autre dans la Reconversion. Et m'excuse pour toutes les non-réponses aux commentaires ou aux mails.

En attendant tout presse alors je cède. Oui, Baptiste, qualifier Galaxie de "bordel" serait une offense aux lieux prétendument d'hygiène publique, alors je garde le thème de "cloaque", Galaxie c'est Océanus, et vous engage à en lire les déboires...

Un immense merci à Ariane qui nous a donné le fil du labyrinthe, il est tout simple et on pleure d'émotion à l'idée qu'à l'heure des bases de données dynamiques un simple fichier PDF nous permette les égarements nauséabonds d'Océanus. C'est souvent réactualisé, ne pas hésiter...

Les postes 2009 de l'Océanus synchronisé commencent à sortir du bourbier pour se répandre en secrets feutrés dans les couloirs en grève. Pour mettre les nouveaux aspirants de la qualification 2008 au parfum, je conseille la lecture de Rue 89 pour découvrir ce qu'est un Gloomy. En l'occurrence une fille de politique gloomisée en l'antique Sorbonne.

L'article a été signalé par DjamDjam sur HotDocs, la liste des doctorants, avec le conseil de précaution : "Vous allez vous étrangler". Les commentaires aussitôt postés sont bien révélateurs du fatalisme des aspirants. Et mon coeur de trouver un triste écho dans la réponse de Christelle : "Perso je ne m'étrangle pas plus que pour tous les autres postes fléchés de la fonction publique dont sont bénéficiaires des non-enfants de ministre. Du copinage avec un enfant de ministre n'est pas plus grave que pour un non-enfant de ministre. Peut-être que certains trouvent ça mieux quand c'est un mandarin qui fait pression plutôt qu'un ministre, mais pas moi. Je trouve donc des raisons de m'étrangler à chaque session de recrutement, ici ou là."

Et mon coeur encore plus triste de trouver un écho dans un coeur plus jeune que moi mais déjà désabusé : "Au point de me demander si ça servirait à quelque chose que je postule à des postes de MCF quand je terminerai ma thèse. Là où je regarde, je constate que les postes sont déjà profilés pour une personne bien précise. Le concours n'est là que pour blanchir leur décision."

Et pour ceux à qui ces lectures n'ont pu ôté le dernier soupçon d'optimisme, ceux qui pensent encore que le ciel est toujours bleu quelque part , je recommande l'indispensable article de Pierre Jourde, Université: les fainéants et les mauvais chercheurs, au travail! Un très bel hommage à toutes les Madames B qui marchaient hier dans le Paris détrempé entre les ridicules grilles de CRS fagotés en Terminator plastifié. Et pour les Mademoiselles B, dont je fais partie, le réconfortant sentiment de lire des mots justes sur la partition d'un coeur découragé.

Voilà, c'était quelques minutes d'amer Quick Bloging, article rédigé à la hâte en buvant un café plus sucré que de coutume, posté à la hâte mais j'ose espérer que les lectures vers lesquelles il renvoie vous accompagneront quelques heures...

vendredi 16 janvier 2009

Au fil de l'eau ou la naissance des poulpes

L'an passé, j'avais balisé le parcours de l'aspirant MCF : "qualification, dossification, audition" constituait la devise à se faire tatouer sur le poignet. Tel l'almanach breton, l'almanach du précaire était rythmé par les mois qui s'écoulaient avec la triste monotonie des larmes d'une clepsydre. Qualification pour décembre, CNRS pour janvier, liste des postes en mars, candidature en avril, audition en juin, dépression en juillet, etc.

Mais depuis que Galaxie m'écrit régulièrement pour m'informer de la publication de postes, je dois bien l'admettre : mon "Devenir MCF pour les Nuls" est obsolète et il va falloir en pondre un nouveau. Parce que désormais, plus de repos pour l'aspirant. A tout moment, il peut recevoir un courrier galactique "Un nouveau poste vient d'être publié dans la ou les sections qui vous intéressent. Vous pouvez vous connecter à l'application GALAXIE".

Son stress annuel à la lecture de la liste des postes en mars est remplacé par un stress hebdomadaire. Le cœur battant, il renverse son café froid et des restant de Chamonix en se ruant sur le site honni, ses doigts tremblants ont du mal à taper son mot de passe qu'il oublie toujours de demander à Firefox de mémoriser, il s'étouffe devant le manque d'ergonomie de la plate-forme qui lui demande de remplir 10 champs pour trouver sa requête.

En général, comme l'actualisation est manuelle, il ne trouve rien car le poste n'est pas encore en ligne*. Puis, plus tard, quand il a refait la manip' tape ton code et remplis les 10 champs, à la lecture du poste, il se sent devenir liquide comme les larmes d'une clepsydre : c'est vraiment loin de sa thématique ou c'est tellement spécifique que ça sent le poste local à plein nez. Alors il retourne à sa paillasse et attend le prochain coup de stress galactique. Moi je vous dis qu'on est en train de se préparer une de ces générations de chercheurs cardiaques!

Donc quand j'aurai du temps, je ferai peut-être un article La réforme du recrutement MCF pour les Nuls, mais en attendant, je m'émerveille de la poésie ministérielle. Savez comment y z'ont appelé les anciens postes? "la session synchronisée", oui, oui, comme ce sport merveilleux où des filles avec des bonnets en latex ont le nez tout pincé. Et savez comment y z'ont appelé les nouveaux postes? "au fil de l'eau" comme une nage innocente portée par l'onde claire dans la brise d'un après-midi champêtre. On sent l'équipe de com' derrière, c'est beau comme de l'Apollinaire du Gilbert Montagné. Allez hop, tous en maillot!

En 2007 sortait sur les écrans un petit bijou cinématographique, La Naissance des Pieuvres, qui s'engluait avec brio dans la trouble léthargie de la chrysalide adolescente. Trois jeunes filles, plus tout à fait enfants mais pas encore femmes, attendaient en souffrance le passage. La cinéaste avait habilement choisi le milieu de la natation synchronisée pour illustrer le contraste entre le chaos sous marin et l'apparente harmonie des sourires laqués.

Aujourd'hui, Galaxie nous fait le coup de la Naissance des Poulpes en proposant aux chercheurs, plus tout à fait étudiants mais pas encore en poste d'explorer les souffrances du recrutement : au choix candidature synchronisée et candidature au fil de l'eau.
Dommage que les poètes du Ministère n'aient pas filé la métaphore, ce n'est pas Galaxie qui fallait l'appeler mais Océanus**.

Allez, gentil aspirant, un jour peut-être tu seras un poulpe, que l'esprit de Muriel Hermine soit avec toi, bats fort des jambes pour tenir la tête hors de l'eau mais garde ton sourire laquais!


_________________________________

* statistiques pandoriennes: sur 7 postes galactiques sortis depuis décembre, 3 n'étaient toujours en ligne 12h après leur annonce.
** l'élégante référence au cloaque permettrait de faire un bel écho au nouveau logo du CNRS qui me ravit dès qu'on le met à l'envers.

mercredi 7 janvier 2009

In Memoria...

"A la suite du schéma d'emplois arbitré au Projet de Loi de Finances 2009, le ministère de la recherche a choisi de mettre fin au financement des post-doctorants sur subvention d'état.

C'est pourquoi le CNRS a décidé de ne pas ouvrir de campagne de post-doctorants en 2009."

Les postodocs CNRS sont morts, un fantôme de plus claquera des dents dans la grande armoire de la Recherche Française...

mercredi 24 décembre 2008

Volaille

24 décembre, année O : Il y a de longs couloirs vides et le vent siffle autour des bâtiments plantés dans des champs. Quand quelqu'un passe, ça fait crisser le lino comme le fromage en grain québécois sous la dent, mais c'est le seul bruit qui troublera la journée lugubre. A la cantine, ils ont fermé la moitié de la salle en mettant les chaises sur les tables parce que tout le personnel est en vacances. Les pieds des chaises sont autant d'antennes qui nous rappellent qu'ailleurs d'autres ont rejoint leur famille ou leurs amis. Je déjeune avec deux autres postdocs étrangers - purée aux marrons et galette des rois trop sèche. Pour eux comme pour moi, pas de vacances possibles : je viens d'arriver tout juste après la soutenance et je ne peux prendre qu'un jour et demi de congés alors je l'ai gardé pour faire un pont pour le Nouvel An. Je n'ai rien à faire car je viens d'arriver et que personne n'est là pour m'encadrer, alors je suis là car je dois être là.

24 décembre, année 1 : Il n'y a pas de longs couloirs vides mais une pluie glaciale qui frappe aux carreaux. L'université est fermée, vacances obligatoires pour tout le monde. Mais j'ai des dossiers à préparer alors je suis chez moi devant l'écran qui digère son latex comme le bœuf de la crèche son foin. Dans la cuisine, des gâteaux cuisent pour le soir, une main à la pâte, un fil à la main, toujours ce fil du "il faut faire" attaché à mes pattes depuis la thèse. J'ai aussi un article à finir, un article sur mes travaux de doctorat, un article que je ne peux pas faire sur mon temps de travail puisque je suis désormais payée par le labo de l'année 1 pour faire tout autre chose.

24 décembre, année 2 : Il y a de longs couloirs vides et un silence inhabituel niché dans les moquettes beiges et bleues. J'ai apporté des pains d'épice pour les deux doctorants et le MCF qui a un rapport à finir. J'aurai pu prendre des vacances mais je n'ai que 17 jours de congés autorisés pour cette année alors il faut que j'économise en prévision des auditions. A la cantine, il y avait du foie gras figé sur des assiettes en faïence et des bûches de crème trop froide. Je partirai la semaine prochaine mais il faudra que j'avance un article sur les travaux de l'année 1 que je ne peux plus faire sur mon temps de travail puisque je suis payée par le labo de l'année 2 pour faire tout autre chose. Personne n'a envie de travailler alors on boit des cafés en mangeant du pain d'épice parce qu'on doit être là.

Les villes ont changé, les bureaux et les collègues aussi, les thématiques encore davantage. Ne reste tangible et palpable que ce besoin de vacances, l'esprit léger et l'écran blanc comme la neige d'un Noël qui
n'arrive jamais.

Je m'aimerais assez en dindonne farceuse mais je dois avouer que cet après-midi encore, dans mon labo tout vide, je me sens dindonne de la farce.

jeudi 11 décembre 2008

Le hoquet de l'Espace

Un jour, j'aurai des vacances, je pourrai dormir, et aller diner avec des amis, et répondre aux 738 mails en attente, et surfer, et venir raconter la longue histoire qui me retient loin du clavier béni de la procrastination bloggesque.

En attendant, Galaxie, la force obscure du mal qui a sauvagement englouti Antares dans ses cruelles entrailles, a commencé à déployer sa nébuleuse. Ce matin, à la fin de la liste de mes 738 mails auxquels-il-faut-que-je-réponde-d'urgence, il y avait une missive de Galaxie. En effet, j'ai souscrit à l'abonnement Galaxie gratuit et sans engagement qui te permet de recevoir un message personnalisé quand une université recherche un GMCF, gentil maître de conférence, à adopter (c'est Noël, offrez un MCF, c'est pas cher et ça sert à plein de trucs). Le mail disait :





Madame, Monsieur,

Un nouveau poste vient d'être publié dans la ou les sections qui vous intéressent.
Vous pouvez vous connecter à l'application GALAXIE à partir du portail destiné aux candidats (https://extranet.ac-versailles.fr/ensup/galaxie/candidats.html accès GALAXIE-recrutement, en haut à droite de l'écran) ou directement (https://antares.orion.education.fr/antares/can/astree/index.jsp) pour consulter les caractéristiques détaillées de ce(s) poste(s) et enregistrer éventuellement votre candidature.
section(s) : 00 MCF dans : UNIVERSITE PAS TROP LOIN emploi n° 007
section(s) : 00 MCF dans : UNIVERSITE PAS TROP LOIN emploi n° 008

Cordialement.

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SECRETARIAT GENERAL
DIRECTION GENERALE DES RESSOURCES HUMAINES
CCR
Tél : 01 55 55 06 10
Télécopie : 01 55 55 05 60

C'était beau comme un YOUR EMAIL ADDRESS HAS WON YOU PROMOTION-message. Il n'y avais pas de nom mais ça ne ressemblait pas trop à un canular peut-être parce qu'il y avait un vrai numéro de téléphone dont on pouvait supposer qu'il sonnerait en pleurant pendant des heures dans le bureau plein de papiers d'un des sbires pécressiens.

Alors, de mes petits doigts musclés par de longues heures de latex (je préfère mettre un lien car mes amis ont toujours l'oeil goguenard et le sourire lubrique quand ils aperçoivent mon guide du Latex sur le bureau), je suis allée rejoindre la grande Galaxie, j'ai bien rempli le formulaire avec mon nom et mes sections, parce que l'émissaire de la force obscure ne savait pas faire un lien direct avec l'URL. J'ai bien rempli le formulaire et en retenant ma respiration, j'ai cliqué sur ENTRE.
Et là, sous mon regard goguenard et mon sourire concupissant, s'est affiché ça :

Aucun poste ne correspond à votre demande.

En rouge, comme ça, violent : retourne à ton postodoc, à tes articles, tes présentations, tes 12 h de travail par jour, c'était juste un bon gros hoquet de Galaxie.

Petite énigme du jour

(tout le monde a le droit de jouer, même ceux qui n'ont pas de qualif)

Pourquoi Galaxie a-t-il eu un rototo ce matin à 5:00?
  1. parce que Valérie avait oublié de se déconnecter et que son fils a joué dans l'interface ADMIN.
  2. parce que le ministère s'inquiète du peu de demande de qualification et essaye d'attirer de nouvelles vocations en attirant les gens sur Galaxie.
  3. parce que personne ne va plus sur Galaxie et que ça permet de faire monter l'audience.
  4. parce qu'ils ont perdu les noms des gens abonnés à la liste et que ça leur permet de faire remplir un formulaire pour récupérer les données.
  5. parce que c'est bientôt Noël et que les rêves illuminent le regard innocent et le coeur pur des enfants qui croient que leurs souhaits les plus doux pourront se réaliser à l'ombre d'un odorant épicea.

mercredi 19 novembre 2008

Baudruche à la française

A l'heure où le mérite scientifique est ramené à de savants calculs sur les activités de publication, il parait intéressant de dégonfler quelques baudruches conférencières internationales. Smarty, une amie américaine vient de m'envoyer un échange de mails aussi instructif que distrayant sur ce qu'il dit de la Recherche Française. Elle a récemment soumis à un colloque international. Encouragée par l'intitulé bilingue et pensant que le flamboyant bleu/blanc/rouge dans lequel était rédigé l'annonce était un clin d'oeil à l'Union Jack et aux Stars and Stripes, elle a envoyé un papier dans la langue que Shakespeare aurait parlé s'il était encore de ce monde et qu'il était devenu chercheur.

A réception, il lui a été signalé qu'une version française de son article était attendue :




"Bonjour, Vous avez lu l'appel à contributions. La langue du colloque est le français. Vous avez travaillé en France et vous connaissez le français. Rien ne justifie, le colloque ayant lieu à Paris devant un public de langue française que vous fassiez votre communication dans une langue autre que le français, langue de communication internationale et langue scientifique au même titre que l'anglais. Merci de la renvoyer en français si vous voulez qu'elle soit prise en considération."

Je précise que le bleu blanc rouge du message n'est pas une facétie pandorienne mais une réelle contribution typographique de l'auteur du mail. Un regard sur les modalités de soumission confirme l'injonction :

La langue du colloque est le français. Il est indispensable pour participer au colloque de la comprendre à l'oral et d'être en mesure de la lire. Il est toutefois possible de faire sa communication dans la langue de son choix à condition d'avoir préparé une traduction française qui sera distribuée à l'auditoire.

Donc on peut présenter en kalmouk, en nahuatl classique et même en télougou mais il faut soumettre et répondre aux question en français (par contre, je pense que l'on peut porter ce qu'on veut, je n'ai pas trouvé mention d'un dress code tricolore, même si on peut imaginer que le port du boubou, du sari ou du Levi's 501 n'est peut être pas une bonne idée dans ce colloque international).

Smarty, en tant qu'étrangère, n'est pas enclinte à la timidité naturelle des jeunes chercheurs qui veulent intégrer la recherche et donc ont tout intérêt à se couler dans le moule. Au lieu de se plier dans les élégantes courbettes que le\la mandarin(e) attendait sans doute de la part d'une ingénue dévergondée qui avait osé imposer un résumé en anglais, elle a donc répondu avec beaucoup d'élégance une missive que je m'empresse de traduire dans la langue que Molière aurait parlé s'il était encore de ce monde et s'il n'avait pas fait de recherche parce qu'il était beaucoup trop insolent pour ça.




Bonjour, I did indeed read the call for papers. I read that it was an international conference where work can be presented in the language of choice. I wasn't aware that this international conference would only have French participants. Evidently, my French has failed me and I must apologize if I caused any discomfort with my English abstract.
English, as a language on par with French in its international and scientific status, is my mother tongue and it is the language in which I can express myself best. My priority in presenting my work is to express myself as clearly as possible and to be able to engage in scientific discussion.
It's regrettable that I won't have time to translate my abstract into French, and that it has been rejected based on anything but scientific merit and on totally unacademic criteria. Perhaps I'll have better luck next time.
Alas, all that's left for me to do is wish you a merry and productive conference. Godspeed,
Par respect pour les vaillantes croisades des chevaliers de la langue galliforme, je traduis donc illico :




Bonjour, j'ai en effet lu l'appel à contribution. J'ai lu qu'il s'agissait d'une conférence internationale où les travaux pouvaient être exposés dans la langue de son choix. Je n'étais pas consciente que cette conférence internationale se limitait à des participants français. Ma compréhension du français est très probablement à l'origine de ce contre-sens et je vous prie de bien vouloir m'excuser si mon résumé en anglais a pu occasionner un certain malaise. L'anglais, qui est une langue scientifique internationale au même titre que le français, est ma langue maternelle et c'est la langue dans laquelle je suis la plus à même de m'exprimer.
Quand je présente mes travaux, ma priorité est de m'exprimer aussi clairement que possible et d'intervenir dans le débat scientifique.
Il est dommage que je n'aie pas eu le temps de traduire ce résumé en français et qu'il ait été rejeté pour des raisons autres que scientifiques, qui se basent sur des critères qui n'ont absolument rien d'académiques. Peut-être serais-je plus chanceuse la prochaine fois.
Hélas, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une conférence joyeuse et productive. Bonne chance!

On est heureux que des Superdupont veillent encore au devenir du français comme langue unique de communications internationales. J'avais annoncé une ludique campagne 2008-2009, je me rends compte que les pratiques universitaires, absurdes, parodiques et truculentes, sont la Pologne de Jarry et qu'il ne me sera pas difficile de me tenir à cet engagement. Godspeed to everybody!

EDIT : en relisant cet article pour en chasser la traître coquille et en vérifier les liens, je viens de retomber sur la page de la conférence et m'aperçoit qu'elle est organisée non par une institution académique mais par une association "visant à la promotion de la recherche scientifique et de l'édition dans le but de parvenir à une meilleure connaissance du fonctionnement du langage humain et des langues du monde."

vendredi 7 novembre 2008

Raccolage sur la fonction publique

Avant, l'Etat, c'était des fonctionnaires et des institutions immuables dans la poussière de leurs règlements. C'était rigide, sévère et triste. Les gens étaient là à vie, sans espoir de changement ou de progrès. On avait des logos austères et la loi c'était la loi. Elle officiait via des calendriers rabat-joie qui faisaient que minuit et une minute c'était déjà le lendemain et qu'il fallait aller faire la queue à la Poste du Louvre si tu voulais que ton dossier parte à minuit moins une. On était tous gris et psychorigides.

Heureusement, grâce à Nicolas, l'Etat est en train de devenir aussi joli qu'une agence de pub. Les gens sont en CDD donc ils s'habillent mieux et travaillent plus pour être sûrs qu'on les garde l'an prochain. On a des nouveaux logos conceptuels et surtout y'a des offres promotionnels comme à la Redoute ou aux 3 Suisses. Hier, entre une offre pour une montre "qui immite tellement bien la Rolex que toutes les filles vont craquer" et une spam pour enlarger mon hypothétique pénis, j'ai reçu une super offre : si tu ne t'es pas encore laissé tenter par une qualif, TU PEUX TOUJOURS JOUER! Valérie, l'organisatrice du Grand Jeu te fait un super cadeau:
  • "la campagne de qualification sera rouverte dans le cadre d'une session complémentaire à compter du 14 novembre 10 h et jusqu'au 22 décembre 2008 16h"
Comme Valérie n'est pas sûre que tu valides ton bulletin de participation, Valérie tente elle-aussi de te dire que grâce à la qualif' tu peux faire craquer les filles et enlarger ton pénis puisqu'elle te permet de participer à cette offre exceptionnelle pour que:
  • "la revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs et sur les nouvelles possibilités de recrutement prévues par le chantier « carrières», notamment les 150 chaires ainsi créées puissent êtres offertes dans le cadre de la session synchronisée qui débutera en mars 2009." (traduit en sarkolangue, ça veut dire "tu peux gagner plus de blé en bossant plus et vive la "chair à chercher")
Peut-être que cette année les joueurs n'ont pas eu envie de participer et qu'il n'y avait pas assez de monde à la première session pour meubler les réunions de CNU. Peut-être que Valérie croit vraiment qu'être payé plus pour travailler plus est un projet séduisant qui peut ramener dans le giron de Marianne des étourdis qui pensaient aller dans le privé. Toujours est-il qu'avant, on avait Antares, sa base de données à l'ancienne et sa maîtresse intransigeance et que maintenant on a Galaxie, son logo Paint et ses offres promotionnelles...