dimanche 28 septembre 2008

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Militer contre la précarité dans la Recherche pourrait paraître aussi vain que d'aller prôner le végétarisme au Centre d'Information des Viandes et le port de la burqa auprès des Miss du Moulin Rouge. Pourtant, Avrel, Antonin et quelques autres courageux ont mis en place une plate-forme collaborative encore en construction, Collectif Papera qui devrait fédérer témoignages, réflexions et actions. Pour nourrir cette plate-forme, voici quelques mots sur ce que peut être concrètement la précarité dans la Recherche...

Ma précarité est mobilière.
Parce que je n'ai jamais pu acheter un appartement ou une jolie maison avec des parquets qui craquent et une cheminée à refaire. Aucune banque ne prête aux balladins et de toute façon, je ne sais pas où je vivrai quand je serai grande. Chez moi, il n'y a pas beaucoup de meubles parce que les déménagements m'ont appris que le meuble c'est lourd à porter pour les copains et qu'il ne va jamais dans le nouveau logement. Alors je range mes quintaux de bouquins dans des caisses à vin, des palettes de chantiers ou des étagères à CD.

Ma précarité est intime.
Parce qu'elle m'a coûté une petite fortune en billets de train et d'avion, des nuits à voyager en bus ou en couchette qui sent la chaussette pour rejoindre l'être aimé, surtout quand lui aussi était précaire. Parce qu'on traversait l'Europe ou pire, la moitié de la planète, pour quelques rapides week-ends où l'on échouait l'oeil cerné et le cerveau éreinté. Parce qu'à l'âge où tous mes amis se reproduisent avec la fécondité de léporidés nourris au Viagra, il est inconcevable d'imaginer être 3 au lieu de 2.

Ma précarité est contre-productive.
Parce qu'au moment de publier enfin les résultats, je suis déjà en poste ailleurs et sur un autre projet et que, donc, je n'ai pas le temps de publier. D'ailleurs, certains employeurs m'ont déjà forcée à prendre sur mes vacances et sur mes deniers personnels 3 petits jours de conférence puisque j'allais y présenter des travaux effectués ailleurs que chez eux. Je mets 2 mois à me former et à être efficace et le temps d'apprendre à chercher, il est déjà trop tard.

Ma précarité est sociale.
Parce qu'à chaque déménagement, il faut retrouver des amis, une bibliothèque où emprunter des livres, un giron boulanger à qui sourire le matin et quatorze poilus pour monter une équipe de rudgbeux. Parce que je n'ai plus le coeur à m'engager dans des associations sachant que je peux partir dans 6 mois. Parce qu'à chaque nouveau labo, je dois m'intégrer puis..repartir. Parce que j'ai une magnifique collection de cartes de cantine. Parce que j'ai plein de copains partout mais que ce sont amis que vent emporte et la précarité vente devant ma porte.

Ma précarité est psychologique.
Parce qu'il y a des moments de doute où, à regarder le parcours qu'on construit, on se demande si on n'est pas en train de rater sa vie. Parce qu'on se dit que si finalement on ne trouve pas de poste, il faudra faire une grosse croix rouge sur toutes ces années de sacrifices. Parce qu'au bout de quelques années, il y a la lassitude à expliquer aux proches, aux amis, à la famille, que si, enfin, on va peut-être avoir un travail, un vrai. Parce qu'on se sent bon à rien à ne rien faire de bon.

Ma précarité est scientifique.
Parce qu'à enchaîner les petits contrats, je fais de la recherche de mercenaire. Que mon vrai sujet de recherche, celui qui est innovant, intéressant, celui pour lequel je suis qualifiée, n'avance plus et qu'à la place, je fais de l'ingénierie pour d'autres. Parce que je me lasse à travailler sur des sujets "à la mode" ou "bankable". Parce que je croyais que la thèse était le sésame pour faire MA recherche et que ça m'a juste permis de faire la recherche des autres.

Ma précarité est financière.
Parce qu'une ancienne collègue de thèse vient de rejoindre le privé pour le double de mon salaire de précaire. Parce que peu de mes amis comprennent pourquoi je gagne si peu après tant d'études. Parce que l''argent des vacances finance le déménagement, la caution de l'appart, les frais d'agence. Parce que je me dis qu'il faut mieux faire attention parce qu'on ne sait pas de quoi l'an prochain sera fait. Parce que je gagne autant qu'un MCF mais sans les vacances, sans la liberté et avec la pression d'avoir sans cesse à faire mes preuves. Parce que les années passent sans que le salaire augmente.

Ma précarité est longue.
Parce qu'à la fin de ma thèse, je pensais que le plus dur était derrière moi et que plus j'avance et moins je vois où je vais. Parce d'encourageants collègues me disent que si je persévère, c'est sûr un jour j'aurai un poste, en me citant des maitres de conf qui ont eu leur poste au bout de 4 ou 5 ans... mais que c'est la chute de Lucifer, l'infini qui sans cesse recommence, on sent s'écrouler ses forces dans le gouffre. Pécresse murmure : tremble! et les KKK chuchotent : souffre! Les soleils qui s'éteignent et l'archange qui comprend, pareil au mât qui sombre, qu'il est le noyé du déluge de l'ombre. Pour sentir l'angoisse, relire les premiers 260 vers du Poète...

Ma précarité est précaire.
Parce qu'il ne tiendrait qu'à moi d'accepter cette précarité pour qu'elle n'en soit plus une. Il suffirait de se chantonner à l'oreille que le CDD c'est la liberté et qu'à l'instar du chanteur à chemise à fleurs je suis en avance de deux ou trois longueurs. Les longueurs d'un gouvernement qui veut de la Recherche à la petite semaine, de la flexibilité, de la mobilité, de la polyvalence. Je suis devenue la Reine du Carton, je sais packer ma vie en une nuit. Je suis devenue la Reine de la Délocalisation, je suis allée partout où il y avait du travail. Je suis devenue la Reine de l'Adaptation, je sais parler de plein de théories, de plein de formalismes avec tout un tas de gens, mais Chère Valérie, Cher Nicolas, ça fait des mois qu'avec les petits sous de l'Etat, je fais une recherche aussi précaire que moi...

mercredi 10 septembre 2008

Bingooooooo!

Au lieu d'aller affronter cette nouvelle année de campagne au cri de Banzaaaaiiiiii!, je propose le moins guerrier et plus ludique Bingoooooo!

En effet, Antares le maudit est de retour et, depuis quelques jours, l'aspirant MCF entame sa saison 2 (pour ceux qui n'ont pas suivi, y'a un feuilleton tragicomique en 7 épisodes dans la colonne de gauche de ce blog). Antares propose de repartir de l'épisode 3 : deviens qualifié. L'objectif est d'obtenir un petit numéro à deux chiffres qui ornera le dossier de candidature.

Quand on est un vieux routier de la Qualificaudition, on a le droit de jouer au Bingo. Pour ceux dont les grand-parents boycottent les clubs d'anciens du jeudi après-midi ou les folles soirées choucroute communales, je signale que le Bingo est un jeu particulièrement hasardeux qui consiste à couvrir une grille pleine de numéros avec des numéros correspondants tirés dans le chapeau du maire ou le seau à choucroute par une main innocente dont le tremblement vient davantage de l'âge que de l'émotion. Il faut compléter sa grille le plus vite possible et hurler Bingoooooo! jusqu'à la trépanation des sonotones de ses voisines de table. On peut gagner au choix un panier garni ou un porcelet vivant selon que l'on vive en ville ou en campagne.

Si tu es jeune et que tu veux goûter au succédané de ce jeu haletant, inscris-toi sur Antares, c'est le moment : tu as jusqu'au 14 octobre pour participer et jusqu'au 10 décembre pour soutenir une thèse sur le sujet de ton choix (si tu n'as pas d'idée, je te suggère des sujets à la mode comme "K routchevisation bushienne et thatcherisatio sarkozienne : étude de la sinusoïdale de la privatisation postale française et de la nationalisation bancaire étatsunienne. " ou "Erosion de crédibilité olympique par expansion de mélanine lactée "). Si tu as déjà joué, n'hésite pas à faire comme cette bonne vieille Pandore et à recommencer. La Recherche Française est pauvre, et notre chère marraine Valérie n'a pas les deniers communaux pour offrir un porcelet ou un panier garni, mais plus on a de numéros et plus c'est rigolo.

Sur la grille pandorienne, la thèse, Influence de la musique baroque sur la croissance de la vigne bordelaise entre 3 heures et 5 heures du matin dans l'hémisphère nord*, a déjà permis de cocher le numéro 68 (Biologie des organismes) et 23 (Géographie physique, humaine, économique et régionale), aussi, cette année, je tente de décrocher le numéro 22 (Histoire et civilisations : histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain ; de l'art ; de la musique). Pourquoi c'est rigolo? Parce que la dernière campagne m'a appris qu'il ne faut pas dire aux gens de la 68 qu'on a eu le 23 et inversement. La Recherche Française est pauvre et ses ouailles n'aiment pas ceux qui mangent à plusieurs râteliers. Donc plus on a de numéros et plus il faudra feindre, ça mettra un peu de piment à la campagne 2009!

Allez, bonne rentrée à tous, la campagne 2009 sera ludique!


(* charmant lecteur, gracieuse lectrice, je t'économise 45 secondes de procrastination, il est inutile de googéliser cette thèse, son petit nom en est beaucoup trop charmant pour être réel.)

jeudi 3 juillet 2008

Fin de saison

A l'heure où les couloirs des universités sont aussi vides que la liste des publications de Gloomy, à l'heure où les chercheurs préparent leurs valises pour bronzer conférer à d'éreintantes écoles d'été en Grèce, en Italie ou à Hawaï, à l'heure où les récents élus d'Antares savourent une quiétude bien méritée, je mets ce blog au repos pour la saison 2008. Rentrée des classes en septembre sans doute.

Pour occuper votre été, plutôt que de vous laisser en proie facile à des tentations sociologiques comme Closer ou féministes comme Bien dans ma vie, je posterai juste dans les prochaines semaines deux petits cadeaux de vacances amoureusement façonnés avec mes dix doigts musclés par des années de clavier et fort utiles si jamais vous avez pris ce blog en cours : une table des matières fantaisiste des articles publiés et une liste tout à fait subjective de tous les personnages fictifs et donc réels qui ont animé bénévolement ce blog.

En attendant ces bonus annoncés qui seront aussi rafraîchissants dans la touffeur de l'été qu'une mauresque trouble dans un verre embué, voici un petit moment nombrilesque mode Cannoise. Mon allergie congénitale à la langue de bois a fait que je n'ai pas mis de remerciements dans ma thèse. Je n'ai donc pas eu le bonheur de me livrer à cet amusant exercice institutionnel et intime qui consiste à remercier Titi pour ses longues conversations enrichissantes, Toto pour sa patience et sa gentillesse ou Tata pour ses relectures et ses conseils judicieux. Il semblerait que les remerciements que j'aurais voulu adresser n'étaient pas politiquement corrects et des amis bien intentionnés m'ont fortement déconseillé de remercier le vénérable mandarin qui a encadré ma thèse pour m'avoir permis de développer une incommensurable faculté à rire de tout, et surtout du pire, et de développer ma créativité artistique en écrivant d'hilarantes bandes dessinées le caricaturant lors des passionnantes réunions d'équipes.

Pour couper court à ma frustration et me débarrasser de cette gênante virginité des effusions, je profite de la fin officielle de cette campagne pour quelques pensées émues et non-pensées délicieusement revanchardes.

Les non-pensées vont:
  • à la secrétaire obtue du Ministère de l'Education Nationale qui me disait que l'accusé de réception de mon dossier n'était pas forcément valable "pasque le destinataire il a pas bien signé exactement dans le cadre";
  • au président de la section 00 qui a perdu mon dossier de qualification et qui, au lieu de s'excuser, m'a appelée pour me dire que je n'avais pas intérêt à demander un recours administratif;
  • à tous les KKK qui ont rangé leur queue honteuse entre leur papattes et aplati les oreilles en signe de soumission à on ne sait quelle logique du confort.
Les pensées émues se pressent vers:
  • Hermès et Mirza, compagnons de fortune et d'infortune. A leur douce amitié solidaire quand nous buvions l'amer des nouvelles qui tombent ou qui n'arrivent jamais. Et aussi la belle préférée de Pâris, philosophie et empathie, toujours une caresse à l'âme blessée.
  • Finette, Clopette, la nouvelle Nancyenne, le futur Rodezien, tous ceux qui m'ont prêté leurs dossiers, leurs présentations, leurs conseils avec la générosité de ceux qui sont passés de l'autre côté et m'ont encouragé à croire que tout était possible puisqu'ils avaient réussi.
  • Celle qui veille les bougies et veille sur sa fille avec un amour qui fait m'a toujours permis d'avancer avec un optimisme sans faille vers le destin, le breton qui danse trop loin, l'italien qui aime trop sa fille, l'amie qui a toujours 20 ans, tous ceux qui ont pensé très fort à moi un certain mardi matin.
  • Epiméthée, l'unique, le très cher, le très tendre, qui apaisa le coeur plus d'une fois, étoile facétieuse dans la nuit de la campagne.
  • Et aussi les virtuels, BC et ses conseils, l'Anonyme Diogène qui voulait que je crache à la figure des KKK (honte à moi, je peux l'avouer maintenant, je n'ai jamais su ni siffler ni cracher, c'est mon petit côté Nadine de R.), Blop mon lecteur chouchou, Caroline par qui beaucoup sont arrivés sur ce blog, VV, MDel et surtout tous ceux qui ont suivi ces aventures en y trouvant des échos à leurs angoisses.
Très bon été à tous!

samedi 28 juin 2008

AAA (les alcooliques, pas l'andouillette AAAAA)

La réunion d'équipe "Donnons un poste aux nécessiteuses" est mémorable à plus d'un titre. Outre les arrangements PEP (Postes Entre Potes) en toute impunité, elle a livré à mon âme naïve un autre sujet de consternation réflexion : celui de la publication.

Depuis quelques temps, les protocoles d'évaluation des laboratoires se multiplient et nul ne veut prendre le risque de passer dans l'arène pour gladiater pour les beaux yeux de Ste Pécresse qui aime l'odeur du sang qui imbibe le sable et fait sonner trébucher l'euro aux yeux du petit peuple spolié par tous ces fonctionnaires payés à rien foutre.
Donc, pour éviter de se retrouver le glaive à la main et un ridicule casque à plume sur la tête face à un lion aux canines longues et à l'haleine chargée, les labos essayent de balayer un peu devant leur porte. On met des fleurs, on astique les cuivres et on planque derrière un bosquet les quelques éléments qui déparent sur la photo.

La question du jour était donc de savoir derrière quel bosquet ouvragé cacher pudiquement les Non-Publiants. Parce que le labo compte un nombre certains d'enseignants-chercheurs qui ne recherchent plus -à part les heures supplémentaires dans des écoles qui payent grassement-, il a été proposé de créer un groupe de soutien pour assister les non-publiants. A mi-chemin entre Weight-Watcher et les Alcooliques Anonymes, les non-publiants sont invités à un groupe de travail censé les dynamiser. Par la suite, un référent personnel est chargé de suivre personnellement ses non-publiants pour les aider et les encourager. Un genre de coaching fort à la mode en ce début de siècle " Allo Droopy? c'est Nursy à l'appareil. Ca va? Tu es en forme? Bien, bien...Tu as écris quelque chose cette semaine? Ahhhhhh c'est bien ça : tu as lu un article le mois dernier! En anglais? Ah non, c'est vrai, tu n'aimes pas trop lire l'anglais. Bon bah maintenant, il faudra peut-être trouver une conf' où publier.. Non, non pas quelque chose de trop ambitieux, mais un petit workshop pour te remettre dans le bain [...]" Le groupe est donc en place depuis quelques temps, mais il semblerait que les non-publiants aient quelques difficultés : papiers non-retenus, pas prêts à temps... Et Créon de conclure : bon bah si c'est comme ça, on mettra vos noms sur des papiers écrits par d'autres.

J'ai pensé à Gloomy qui a publié un seul papier pendant et après sa thèse et qui dans quelques années mettra sans doute son nom collé à d'autres noms. Et j'ai pensé à l'Enervé de Service qui écrivait il y a quelques temps et même pas à propos des chercheurs : " la race est intrinséquement résistante à la consanguinité, puisqu'elle en est le résultat direct. On croise bien les lévriers entre eux, ça ne les empêche pas de courir vite, même s'ils sont trop débiles pour s'apercevoir qu'ils sprintent après un lapin en plastique." Publions, publions, qu'importe le lapin pourvu qu'on ait la vitesse!

jeudi 26 juin 2008

Quand le héros il meurt à la fin...

Antares vient d'achever sa quête dans un ultime soupir...


mercredi 25 juin 2008

Soldes d'été (faute d'être ou d'avoir)

En vertu des articles L. 310-1 à L. 310-7 du code de commerce et du décret n° 96-1097 du 16 décembre 1996 pris pour l'application du titre III, chapitre Ier, de la loi no 96-603 du 5 juillet 1996 et relatif aux ventes en liquidation, ventes au déballage, ventes en soldes et ventes en magasins d'usines, Pandore@Blog solde pour 6 semaines son stock d'invendus.

Article 1 : Jeune femme volontaire et motivée.

Description : 8 ans d'études, expériences de recherche dans le privé et le public, en France et dans 3 autres pays (Europe, Amérique et Asie), plusieurs qualifications CNU, plus de 600 heures d'enseignements dans plusieurs discipliness, marathonienne, capable de cuisiner un cocktail pour plus de 50 personnes en 2 jours, d'organiser seule la logistique d'une manifestation scientifique rassemblant 20 équipes de recherche, de distinguer un pingouin d'un manchot et de faire tout un tas de choses tout aussi utiles, adorant enseigner, ayant plusieurs projets scientifiques à portée de clavier. Classée sur toutes les auditions auxquelles elle a été convoquée (respectivement seconde, seconde, troisième). Aucune contrainte géographique, aucune contrainte familiale, publications conformes aux attentes, ne trouvant pas d'inconvénient à travailler soirs et week-end pour peu qu'on lui fournisse du bon chocolat...

Vice-caché (avoué donc à moitié pardonné) : ne sait pas rentrer dans le rang du politiquement correcte, ne sait pas demander une lettre de motivation, ne sait pas tenir sa langue face à un mandarin, ne sait pas appeler pour demander des appuis, croit innocemment qu'un bon dossier est le meilleur émissaire....

Prix : 1100 euros (valeur des indemnités assedics qu'elle touchera à partir de la fin de son CDD dans 5 jours et ce pour une durée indéterminée)

vendredi 20 juin 2008

Petit cochon

Secouons à nouveau les statistiques du blog en agitant un titre racoleur. Que tous les petits cochons des KKK lèvent la queue!

Non je plaisante, je préfère que tous les petits cochons des KKK drapent leurs pulsions et leurs attributs virils dans la toge de la dignité de leur fonction. Donc, derrière ce titre, nulle révélation croustillante sur la vie sexuelle des KKK, nulle condamnation indignée de propos qu'on aurait entendus ici ou là, mais une invitation à se pencher sur le petit cochon rose de l'aspirant MCF. Emmanuel Taïeb l'a fait et propose ses Mécomptes de Campagne : une réflexion sur le prix réel de la candidature. Entre les frais de reproduction et d'affranchissement, les oboles faramineuses versées à la SNCF et à Air France, les nuits d'hôtels, le constat que chaque aspirant a fait : candidater peut coûter cher, très cher. J'avais commencé mes comptes de campagne ici, il faudra y ajouter les pérégrinations des dernières semaines. Besoin de passer rapidement à autre chose sans doute, je n'ai aucune envie de le faire.

Et encore, dans ces 1000 euros estimés, on fait l'impasse sur les bouquins à lire pour se distraire pendant les nombreuses heures de voyage, les mélanges déstressants à base de fleurs de compositeur et de poils de yack marinés qu'on inspire à qui mieux mieux, les petits cadeaux méritants qu'on s'offre pour se récompenser, les coups à boire aux copains qui ont prêté leur dossier, leur présentation, relu les slides, le grigri en vrai peau de trèfle à quatre feuilles, les cierges de Lourdes modèle Deluxe qui brûlent grâce à Mamie, le chemisier pimpant pour être sous son meilleur jour, tous ces dépenses futiles et indispensables qui n'auraient rien changé et qui n'ont rien changé.

Petits Aspirants 2009, tous à vos petits cochons! A raison d'une centaine d'euros par mois jusqu'à la prochaine campagne, vous devriez être parés...