mercredi 10 juin 2009

Les mains sales

Hauts les coeurs, Pandore is back, le temps du deuil et du silence est passé. On reprend son bâton de pèlerinette en se disant qu'on acceptera de le tendre une troisième fois l'an prochain pour se faire battre Pour Noël 2009, je veux une paire de menottes de suspension en latex, une camisole de force en cuir, une corde à bondage, un bâillon à clous et des pinces à tétons pour officialiser lors des auditions de 2010 mon statut de néo-masochiste pécressienne.

Il n'y a pas beaucoup de blogs ou de forum où les aspirants MCF peuvent mêler leurs larmes et leurs accolades fraternelles avant, pendant et après la curée. Mais en cherchant une information, je suis tombée sur le blog d'Hugues Kenfack où s'ébauchaient les échanges d'un embryon de communauté fort instructifs:

  • "Bordeaux m'a renvoyé il y a deux ans mon enveloppe de candidature, ce qui est très gentil... mais les enveloppes rapporteurs n'ont jamais été ouverte..."
(ben voui, mon petit, je l'ai vu faire dans mon labo aussi ce coup-là, puisqu'il y a le nom du candidat sur l'enveloppe, pas besoin de se fatiguer. Je me souviens de M. Mandarine, hilare : "on a reçu 70 dossiers, on va pas lire tout ça!" et sur la table deux piles : les dossiers qu'on allait regarder et les autres...)

  • "Joli coup à Perpignan! Une première lettre pour annoncer qu'on est auditionné le 3 juin, le lendemain une nouvelle lettre annulant la précédente et disant que finalement, ben non, zetes pas auditionnée ma bonne dame!"
(ben voui mon petit, j'ai aussi vu un secrétariat se planter de candidat lauréat sur un poste d'ATER en lisant mal le compte-rendu du comité, forcément on ne s'en est aperçu qu'à la rentrée quand le candidat officiel mais inconnu au bataillon est arrivé avec son petit cartable, sa chemise propre et bien repassée et sa lettre tamponnée : du coup, ils ont pris les deux, l'outsider looser qui avait été officiellement inscrit sur le papier et le lauréat désigné par le comité à qui on avait dit en juin qu'il était pris et qui avait déjà un bureau avec son nom dessus.)

  • "puisque le temps du bilan est presque arrivé, j'ai une question qui me tourmente depuis ma première audition... est-ce que quelqu'un a déjà vu, cette année, un extérieur être recruté?"
(ben non mon petit, les autres, je sais pas mais moi j'ai appris que le vrai candidat extérieur eest un cousin du dahu. Mais après, tout le monde a un ami d'ami qui a été recruté quelque part où il ne connaissait personne.)

  • "C'est clair que le classement n'a plus qu'un rôle symbolique lorsque le candidat classé premier, comme c'est le cas à Tours (ou dans d'autres villes !) sont des locaux..."
(ben oui mon petit, pire l'audition elle-même n'est que symbolique quand les auditionnés et le Comité de Sélection savent avant même le jour J qui sera pris comme à Gloomyland cette année.)

Si vous prenez le temps de lire les commentaires de cet article, vous y trouverez la quintessence de la campagne de recrutement telle qu'elle se pratique actuellement : la gène un peu honteuse du local recruté qui se justifie en rougissant un peu, l'absence assourdissante d'informations dont disposent les candidats avant, pendant et après, les craintes et les angoisses des auditionnés, la complète acceptation du localisme comme une fatalité...

Mais un message a particulièrement retenu mon attention, celui d'un lecteur au nom très approprié à l'issue de cette campagne, l'espoir fait vivre:
"Comment peut-on à la fois reprocher à cette chère Ministre de traiter les enseignants chercheurs comme des malpropres et, en tant qu'enseignant chercheur, se permettre de ne pas ne serait-ce qu'informer les candidats qu'ils ne sont pas admis à poursuivre le concours ?"

J'ai envie de poursuivre :

Comment peut-on reprocher à cette chère Ministre de traiter les enseignants chercheurs comme des malpropres et, en tant qu'enseignant-chercheur,...
  • faire déplacer 10 personnes pour recruter son candidat local;
  • faire déplacer 10 candidats mais ne pas se déplacer soi-même (cf le comité de sélection réduit au minimum légal de 6 personnes à Gloomyland);
  • refuser volontairement d'auditionner de trop bons candidats sous le prétexte qu'ils ne viendront pas parce qu'ils sont trop bons et avec surtout la peur au bas-ventre qu'ils fassent de l'ombre au Gloomy local;
  • ne pas informer les candidats des classements, même 4 semaines après l'audition alors que le CA de l'Université a entériné le truc;
  • dire à un excellent candidat classé second que "l'on ne s'inquiète pas pour eux vu la rare qualite de leur dossier" alors qu'on vient de recruter un local mauvais comme un pou mal coiffé;
  • poser des questions aussi fécondes que "et si on vous classe, est-ce que vous viendrez?" ou "comment expliquez-vous le fait que vous n'ayez pas été recruté l'an passé" alors qu'on recrute en local;
  • recruter un futur collègue avec qui on va passer quelques décennies en 8 mn?
Je reviens sur ce dernier point car il fait écho à une autre lecture indispensable à l'heure où s'achève encore une campagne aussi spongieuse que Bob le carré en mousse:
"Nous nous battons aujourd'hui pour défendre le temps non négociable nécessaire aux universitaires. Or le temps minimum n'existe même pas pour les candidats aux postes de maître de conférence. On sélectionne et jette aussi vite des universitaires en quelques minutes comme dans les pires entreprises."
"dix minutes d'Actors Studio valent plus qu'une réputation nationale déjà acquise ou dix à quinze ans d'expérience dans l'enseignement et la recherche."


Il y a quelques jours, se tenait encore une Academic Pride, et j'avais encore moins envie d'y participer que l'an passé parce qu'une fois de plus cette campagne n'a fait que matérialiser l'Academic Shame qui donne envie d'aller chercher si ailleurs l'herbe est plus douce.

Chers membres de KKK qui avez trimé en cette fin de printemps, et si la défense de la Recherche commençait au jour le jour dans vos labos au lieu d'aller battre le pavé pour défendre votre dignité, la voix haute dans le slogan mais les mains sales sous la banderole?

21 commentaires:

mixlamalice a dit…

Faudrait se mettre d'accord sur ce qu'on entend par "local".
Est-ce que le mec qui est là depuis 6 mois en post-doc ou ater est un local au même sens qu'un gars qui a fait sa thèse son post-doc et son ater dans le même labo?
Est-ce qu'un mec qui a fait sa thèse dans un labo puis est parti 3 ans est toujours un "local" s'il est recruté?

Le fait qu'un type soit en post-doc dans l'endroit où il est recruté au moment où il est recruté, ça me choque pas. Le mec qui fait sa thèse à l'endroit oú il va être recruté et qui est envoyé 6 mois en ater chez des potes le temps de lui garder la place au chaud, ça me choque plus (alors que techniquement, il est pas "local")...

Enfin bon, dans mon cas, la recrutée 1 n'était pas locale, le recruté 2 est un post-doc du labo (mais qui a fait sa thèse et un post-doc ailleurs, donc pour moi ce n'est pas un local non plus). Peut-être parce que dans les labos "ambitieux" scientifiquement et réputés, on peut se permettre de recruter vraiment celui qu'on pense être le meilleur (y a quand même des histoires de politique, mais elles sont plus pour départager les bons que pour embaucher une chèvre).

Comme disait l'autre, c'est pour ça qu'on peut la même année être embauché à l'ENS alors qu'on n'aura même pas été auditionné à l'Université du Poitou (désolé pour le côté élitiste, ces exemples sont pris au hasard, j'espère que vous saisissez l'idée).

Robyn Slinger a dit…

Encore un post qui vous met de l'entrain. Dis-nous, Pandore, tu peux nous rappeler ce qui restait au fond de ta boîte ? ;-)

--

Comme je vois les choses, 'local' signifie plutôt quelqu'un qui a fait sa thèse (et plus si affinités) dans l'université en question ; s'il passe un an ailleurs comme ATER ou postdoc, ça ne retire pas le caractère local du bonhomme. (Et inversement, ça ne le rend pas 'local' là où il est ATER).

L'idée sous-jacente, apparemment, est que si on recrute un local, il ne va pas apporter d'idées nouvelles ni élargir les horizons scientifiques du labo qui recrute.

Par ailleurs, quand même, on ne peut pas tellement reprocher aux labos de ne pas vouloir recruter un parfait inconnu, surtout s'il ne peut juger que sur un dossier et vingt minutes de présentation. Bon, après, il y a des excès ; si l'issue du concours est par trop fixée par avance c'est, disons, pénible pour les figurants.

mixlamalice a dit…

Oui, de façon assez générale, le système est pas très bien fait, mais je trouve que reprocher aux labos de recruter des gens "qu'ils connaissent" est un peu abusif.

Parce que la encore il faut préciser ce qu'on entend par "connaître" un candidat: si le mec est venu faire un séminaire, discuter avec l'équipe pédagogique et l'équipe d'accueil en recherche, je trouve un peu limite que les autres candidats le lui reprochent ou se lamentent (ouè l'autre, le pistonné) comme si le mec avait brisé une règle du jeu tacite.

C'est pareil partout et c'est pas propre au public, quand on a le choix entre deux candidats de valeur égale, forcément c'est un critère "subjectif" qui va faire la différence... et le fait d'avoir passé une demi-journée au labo ou on va éventuellement bosser 40 ans est plutôt une bonne idée dans cette optique.

Anonyme a dit…

Moi, je serais moins anti-locale. Je dirais en fait que si le local est moyen voire mauvais voire tres mauvais et qu'il est auditionne et classe uniquement parce qu'il est par contre tres fort au petit jeu du lechage de bottes de gens haut places qui adorent ca, oui, son recrutement est parfaitement degueu. Si le local a fait des enseignements de qualite et des recherches qui tiennent la route et sont publiees et a montre un tant soit peu d'esprit d'initiative dans ses activites, he bien je comprends aussi que les KKK preferent le recruter, puisqu'isl sont surs de ce qu'il vaut scientifiquement, pedagogiquement et humainement alors que le sautres, ils m'ont que 30 minutes pour les jauger... Non ? Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut peut-etre pas tous les mettre dans le meme panier et faire une chasse aux sorcieres.

J'ai un copain qui a fait sa these (une bonne) dans un labo proche du miens, il est parti en post-doc dans une autre ville francaise (pas tres loin, donc), son labo de these a ouvert un poste de MCF, 99% son profil (je ne sais pas si c'etait du flechage ou le reflet d'un reel besoin du labo), et il n'a ete classe que 2nd, parce que le KKK a considere qu'il na'pporterait pas assez de nouveaute au labo... Ca existe donc !
Agathe

Anonyme a dit…

D'abord, desolee pour le nombre de fautes de frappe dans mon message precedent !

Comme promis, je viens faire un petit bilan de ma campagne a moi. Je pense en effet que mon cas pourrait un peu remonter le moral de ceux pour qui elle n'a pas ete tres fructueuse cette annee, ou plutot les laisser un peu moins desabuses pour la prochaine campagne...

J'ai fait une these pas mauvaise mais pas exceptionnelle sur un sujet tres peu porteur dans un labo qui cherchait a developper une branche completement differente. Sans aucun avenir dans le labo donc. Apres un poste d'ATER, je suis partie en NZ et Australie pour bosser dans un domaine un peu different (seules les techniques et les theories sous jacentes sont proches). Ca fait 4 ans que j'y suis, 5 ans que j'ai eu ma these, 5 ans que je regarde chaque annee les postes de MCF ouverts et que je me dis, desabusee que y'en a aucun pour moi, que j'ai aucune chance et que ce n'est pas la peine que je passe des semaines a monter des dossiers pour rien.

Cette annee, redemande de qualification en decembre au cas ou et en mars, miracle, un poste sur lequel, peut etre, je pourrais eventuellement postuler, on sait jamais. Un poste, un seul. Mais auquel je me suis consacree a fond ! Ce poste est dans dans un labo qui est dans la meme ville que mon labo de these. J'ai rien a voir avec cette fac, a part que j'ai eu quelques cours donnes en DEA par des profs de ce labo. Ah, si, j'exagere, j'ai quand meme donne 2h de cours dans une des unites comme intervenante exterieure. En gros, ce n'est pas la totale inconnue, mais je n'ai aucun contact.

J'envoie des mails de prise de contact, propose un RDV telephonique (je suis quand meme a 20000km) et n'aie comme reponse qu'un "je regarde ce que vous m'avez envoye et vous recontacte eventuellement". J'attends toujours ! Autant dire que j'etais pas tres confiante et que je pensais ne pas les interesser du tout. Du coup, je n'avais aucune idee precise de ce qu'ils voulaient. Alors j'ai epluche leur biblio, la biblio recente sur le sujet recherche, mixe ca avec ce que je sais faire et pondu un projet de recherche qui est en fait ce qui m'eclaterait de faire avec les moyens qu'ils ont. Cote enseignement, un savant melange entre "je peux m'integrer dans telles unites deja existante" et de "j'aimerais bien a moyen terme monter ma propre unite sur ce sujet que je maitrise", histoire de montrer un peu d'esprit d'initiative de ce cote la aussi.

Resultat, convoquee a l'audition et classee 1ere (resultats provisoires indiques le lendemain par le president du comite de selection, ce qui m'a evite de marronner des semaines). Je sais par voie officieuse que le CA a valide le classement mais malgre un mail au DRH, aucune reponse officielle, va falloir attendre la lettre liberatrice (c'est deja incroyable en soi, mais quand on doit organiser un demenagement international, ca devient encore plus penible !)

Anonyme a dit…

2eme partie (desolee, c'est long)

Je ne sais pas -encore- pourquoi ils m'ont pris moi. Le 2nd etait vraiment excellent (moi je l'aurais peut-etre pris lui !) et apparemment la bataille a ete dure entre les deux. Il semble que mon oral leur ai bien plu (j'y ai pas joue les cracks, ca s'est passe presque plus comme une discussion informelle sur le sujet, comme si je discutais avec eux d'un projet pour lequel j'avais conscience que certaines choses ne marcheraient peut etre pas, mais bon, qu'apres tout, c'est ca la science aussi). Une longue experience a l'etranger a certainement ete un grand plus aussi.

Bref, je me perds... Je voulais juste dire que des postes ouverts, ca existe. Que des responsables de postes-qui-ne-repondent-pas-mais que-ca-veut-pas-dire-que-c'est-deja-foutu-et-qu'ils-ont-quelqu'un-sous-le-coude ca existe aussi. Que quand un labo refuse de vous recevoir pour discuter informellement avant les auditions histoire que vous preniez la temperature, ca peut etre reellement parce qu'ils ne veulent pas biaiser le recrutement et donner la meme chance a tous. Un KKK peut reellement choisir quelqu'un qui n'a pas fait sa these ni son post-doc chez eux, ni meme dans l'institut voisin, quelqu'un qui n'est jamais venu faire un seminaire, quelqu'un qui ne sait pas tirer les ficelles politiques et se refuse a le faire. Les KKK qui selectionnent quelqu'un de pas mauvais, qui s'est eclate a faire des projets de recherche et d'enseignement qui tiennent la route et qui leur a plu a l'oral, c'est tout.

Je suis consciente que j'ai du bol. Une campagne, un poste et je vais au bout. Chance que le poste soit ouvert, chance que le KKK recherche quelqu'un dont la force principale soit l'adaptabilite et l'envie et pas qui se voue au dieu impact factor. Mais je l'ai quand meme attendu 5 ans, ce poste. J'ai de la chance, ca ne m'a pas paru trop long, parce que je n'ai pas postule avant et j'ai vecu ma petite vie a l'etranger. Je crois que si on s'accroche et qu'on fait du bon boulot, il arrive un moment ou l'experience et la maturite scientifique et personnelle payent... meme parfois sur un poste fleche (cf. mon messgae ci dessus).

Bon courage a tous en tous cas.
Agathe

anonyme (je tiens à ma peau) a dit…

Situation vécue récemment : 2 postes dans 1 labo, 2 gloomys. Le CA tique. Notre directeur insite "en temps normal, c'est vrai que 2 locaux je n'aurais jamais accepté. Mais là, on n'avait vraiment pas le choix".

Eh oui, il faut savoir être vertueux mais bon...

Anonyme a dit…

Je crois que ce que dit Pandore, ce n'est pas que personne dans ce système ne soit juste mais que pour résister aux statistiques, il faut une force de caractère dévastatrice pour ce qui fait le reste de la vie.

Et ne pas oublier que le temps passe et fait que les coups reçus sont de plus en plus violent.

Pour ce qui est des recrutements, le localisme a été sévère cette année ! Peut-être une tendance, quand on tape sur le système, il ressent le besoin de se replier sur lui-même... et annoncer son effondrement prochain.

Pandore, courage !

Encore un a dit…

Merci pour cet article, on se sent moins seul :) :( :) (est-ce qu'il faut rire ou pleurer je sais pas)

Pour ma part, je n'ai eu AUCUNE question sur le contenu de mon exposé lors de mon audition MCF. Le président est arrivé en retard et me stressait pour que je réponde plus vite aux questions. Au final, le candidat classé premier n'était pas un local: il a juste fait sa thèse avec l'expert externe du comité. C'est encore mieux que local ça non? (Les membres locaux du comité ne travaillent pas sur ce sujet et la responsable du poste ne faisait pas partie du comité)

En tout cas je n'avais jamais autant stressé pour une audition, ça en devenait ridicule, je ne veux plus stressé autant pour un boulot, tout ça pour devenir fonctionnaire. :)

erathrya a dit…

les chiffres officiels sur l'origine des recrutes MCF en 2008 sont la:

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/34/1/origines_version_v10_47341.pdf

le ministere fait son boulot, ils mesurent la mobilité/localisme.

avec des sous categories: qui a fait sa these dans la meme universite, dans la meme academie, a fait un postdoc etc...

Caro a dit…

En pleine campagne,désespérée, à la recherche de résultats, je tombe sur ton blog..
Une bouffée d'air...
MERCI!
Amis auditionnés de toutes les sections, unissons nous!

Anonyme a dit…

Salut

moi je suis un non-local recruté cette année. J'ai eu la chance d'avoir peu de concurrents sur le poste. J'ai aussi eu la chance que ma directrice envoie des signaux positifs sur ma candidatures aux membres de ma nouvelle équipe (en disant notamment qu'elle aurait souhaité pouvoir me conserver).

Ce qui ne m'a pas empêché de bosser à fond l'audition, et de montrer ce que je vais apporter!

à+

Clelia a dit…

Chère Pandore,

Comme je te comprends et comme je comprends ton désarroi face à ce système... Je lis ton blog depuis le début et j'espérai secrètement une issue plus favorable pour toi. Ma discipline est, pour ma part, complètement sinistrée. Je n'ai plus beaucoup d'espoir. Je n'ai pas même réussi à décrocher un poste d'Ater, alors MCF...et ce, malgré d'excellents rapports de thèse et un dossier qui commence à être fourni. Mais bon, je ne suis pas agrégée...autrement dit, je n'ai aucune chance. L'année prochaine, je devrai redemander ma qualif. Moi aussi, j'envisage d'ailler voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Courage à toi et plein de bonnes pensées.

Anonyme a dit…

"Chers membres de KKK qui avez trimé en cette fin de printemps, et si la défense de la Recherche commençait au jour le jour dans vos labos au lieu d'aller battre le pavé pour défendre votre dignité, la voix haute dans le slogan mais les mains sales sous la banderole?"

C'est bien dommage que nous soyons si peu à porter ce message dans les luttes actuelles de l'ESR. Pointez vous aux différentes coordinations et autres AG de chercheurs en lutte et faite valoir cette réalité.

C'est ce que l'on tente de faire à PAPERA depuis un an. Si tous ces gens qui passent tant de temps sur leurs CV et blog passaient un tout petit peu de temps dans les AG ou bien a rédiger (ou distribuer) des revendications des tracts aux C, EC MCF et autre...

bonnes "vacances" à toutes/tous

Ps notre site est en carafe depuis qq temps mais on y travaille.


Avrel, chercheur précaire en lutte
membre de PAPERA

COLLECTIF Pour l’Abolition de la Précarité
dans l’Enseignement Supérieur,
la Recherche et Ailleurs
..................................................
http://www.collectif-papera.org

Anonyme a dit…

Salut Pandore,

Je viens de découvrir ton Blog. Je le trouve excellent et je partage totalement tes commentaires sur le recrutement de MCU. J'ai eu également l'occasion d'expérimenter les concours de recrutement de MCU et j'ai été confronté au même problème que toi (recrutement de l'ex-thésarde pour une de mes auditions). Mais le plus "marrant",pour ce cas c'est qu'après les discussions de couloir pendant que tu attends ton audition, j'ai appris que le mari de la candidate est également chercheur CR2 et qu'il avait fait un séminaire quelque temps avant dans le labo. Il s'avère que le mari connaissait le Prof du labo qui recrute et que ce dernier l'a invité à rejoindre le laboratoire mais pour cela le CR2 avait demandé que sa femme soit recrutée en MCU avant toute demande de mutation, ce qui fût fait...Voilà comment recruter deux personnes pour le prix d'un.
Bon courage à toi Pandore.

Max

pablo a dit…

"Les soutiers de l'université"
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/05/les-soutiers-de-l-universite_1249443_3224.html#ens_id=1088072

Anonyme a dit…

Bonsoir,

je reprend une réponse faite aux collègues qui se plaignent quant à l'opposition précaire/titulaire que cet article encourage.

Cet article a au moins le mérite de rappeler cette réalité même si il est assez creux. Vous devez savoir que si les titulaires ne sont pas responsables il tolèrent depuis des années que des précaires fassent le même travail qu'eux dans des conditions bien moindres.

Aussi il est logique que le gouvernement remette en cause leur statut et puisse dénoncer leurs "privilèges" sans que les précaires trouvent trop à redire. La plupart du temps les titulaires encadrent cette précarité rendus nécessaire par la pénurie et l'apathie des titulaires. Et là je pense que les copains titulaires en lutte ne me contrediront pas sur cette apathie de pas mal de leurs collègues. Cette précarité concerne aussi les biatos et certains étudiants, je regrette que les syndicats et autres groupes en lutte ne s'en souviennent qu'au moment de chercher des troupes.

Nous avons pour notre part refusé de parler à Catherine Rollot car celle-ci nous interdisait la relecture d'une éventuelle interwiew vu son passif et celui du Monde avec les luttes (vous remarquerez au passage la petite leçon à l'usage de PAPERA ces gens qui veulent savoir ce qu'on va leur faire dire sont inaudibles :-).

En ce qui me concerne le papier est un témoignage correct, bien que très édulcoré, ainsi la conclusion est scandaleuse, vu que la question de savoir sous quelle étiquette on publie est relativement secondaire par rapport à la question de la subsistance.

Pour rappel MC Lorne s'est suicidée il y a un an.

Enfin vanter les mérites du Snesup qui vient de créer un groupe "non titulaire" alors que ce syndicat n'a RIEN fait pour les précaires (a part quelques promesses), je pense ici au Contrat Doctoral dit Unique par exemple dont il n'est pas question dans l'article, là c'est le bouquet.

Catherine Rollot nous a signifié par email qu'elle ne supportait pas que sa "neutralité professionnelle" soit remise en cause, c'est chose faite une fois de plus.

bon courage à tous/toutes
ps notre site est encore en carafe et on y travaille encore.

--
Avrel, chercheur précaire en lutte
membre de PAPERA
..............................
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COLLECTIF Pour l’Abolition de la Précarité
dans l’Enseignement Supérieur,
la Recherche et Ailleurs
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http://www.collectif-papera.org
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Publiez IcI !
http://www.collectif-papera.org/spip.php?page=publication_ouverte

Anonyme a dit…

J'ai passé également le parcours du combattant des auditions McF. J'y allais en disant déjà que le système était pourri jusqu'à l'os, avec ces fameux recrutements locaux et autres biais.

Quelle ne fut pas ma surprise d'être classé premier sur les 3 postes où j'étais auditionnés ! Et il y avait sur certain des candidats locaux...

Comme le dit un autre commentaires, il y a locaux et locaux (postdoc, ATER, ou thèsard).

Je crois que le meilleur conseil que je retiens de ma "campagne", au delà de se préparer 3 fois plus que le plus préparé (en termes quasi-théatral , vu que ce sont les règles du jeu en 10mn le jour J), c'est d'aller voir les équipes avant l'audition, une journée, ou une demi journée. Quand on sait qu'on est auditionné, ou même avant. On va les voir, on sympathise, on leur pose des questions, on se renseigne, on fait un petit séminaire version "longue durée" de ce qu'on va raconter le jour de l'audition, ou quelque chose de plus développée, bref, on commence déjà à tisser des liens.

Oui ça double le budget. Mais ça établit tout de suite un contact très privilégié. Et du coup, on devient soi-même un peu "local", on nous connaît, on salue parfois la démarche.

Mais je ne nie toujours pas qu'il y a certainement un nombre non nul de Commissions "pourries". Mais j'ai eu en tout cas 3 contre-exemples parfaits l'année dernières.

En passant, aux USA/Canada, c'est ce qu'ils font. Le candidat vient une journée (voire deux) passer du temps dans les couloirs, faire un cours, un séminaire, rencontrer tout le monde etc...


Courage pour la prochaine campagne !

Anonyme a dit…

J'ai passé également le parcours du combattant des auditions McF. J'y allais en disant déjà que le système était pourri jusqu'à l'os, avec ces fameux recrutements locaux et autres biais.

Quelle ne fut pas ma surprise d'être classé premier sur les 3 postes où j'étais auditionnés ! Et il y avait sur certain des candidats locaux...

Comme le dit un autre commentaires, il y a locaux et locaux (postdoc, ATER, ou thèsard).

Je crois que le meilleur conseil que je retiens de ma "campagne", au delà de se préparer 3 fois plus que le plus préparé (en termes quasi-théatral , vu que ce sont les règles du jeu en 10mn le jour J), c'est d'aller voir les équipes avant l'audition, une journée, ou une demi journée. Quand on sait qu'on est auditionné, ou même avant. On y va, faire un séminaire à tout le labo, rencontrer les gens, discuter, poser des questions etc... c'est utile des deux côtés.

Oui ça double le budget. Mais ça établit tout de suite un contact très privélégié. Et du coup, on devient un peu "local", on nous connaît, on salue parfois la démarche.

Mais je ne nie toujours pas qu'il y a certainement un nombre non nul de Comissions "pourries". Mais j'ai eu en tout cas 3 contre-exemples parfaits l'année dernières.

Courage pour la prochaine campagne !

J a dit…

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Salutations cordiales.

Joseph

Anonyme a dit…

Pandore, où êtes vous? Vous nous manquez...